Les fautes d’orthographe à bannir

Dans les exemples qui vont suivre, quand un mot ou une expression est précédé.e d’un astérisque c’est qu’il (elle) est incorrect.e. D’ailleurs… Ne confondez pas Astérix, un personnage bien connu de René Goscinny, avec un astérisque (du grec asteriscos, petite étoile).

Les accents :

🔵 Même quand vous écrivez vite, faites attention à la pente des accents : en français, l’accent plat n’existe pas. Quitte à les faire plus grands, plus pentus, tracez-les correctement. Il ne faut pas les oublier quand il en faut, mais ne pas en ajouter quand ce n’est pas nécessaire !

Rappel : un e ne prend pas d’accent s’il remplit une de ces conditions :

– il se prononce comme dans cheval 

– il ne termine pas la syllabe (comme dans respect ou caverne)

– il est suivi d’une consonne doublée (comme dans belle, casquette ou Vienne)

– il est suivi d’un x (comme dans exercice, exact ou texte)  ou d’un z (comme dans nez, Douarnenez ou fez)

🔵 Directement issues du latin, les expressions suivantes ne prennent pas d’accent grave sur le : a priori, a posteriori, a contrario, a fortiori.

🔵 Il n’est pas nécessaire de mettre un accent sur les lettres capitales.

Un peu de conjugaison :

🔵 Les participes passés ne prennent JAMAIS d’accent circonflexe sur la dernière syllabe, sauf crû (croître) car il faut le distinguer de cru (croire) et (devoir) car il faut le distinguer de l’article partitif du.

Il n’y donc pas d’accent sur pu (pouvoir), eu (avoir), su (savoir), vu (voir), lu (lire), bu (boire), etc.

Il aurait aller chez sa sœur, mais il ne l’a pas pu. Heureusement, il l’a su à temps. Au début, elle ne l’avait pas cru, mais elle n’a pas eu de mauvaise surprise.

🔵 Au passé simple, seules P4 et P5 prennent des accents circonflexes. Il n’y en a JAMAIS sur P3 (il eut, il vit, il vécut, il put, il sut, il battit, il perdit, il fut, il prit etc.). D’ailleurs, sauf pour les verbes du premier groupe, P3 se finit toujours par un t.

Quand vous lûtes Dom Juan, vous fûtes intrigué par le héros qui vécut une vie dépravée et dut en payer le prix fort.

🔵 Attention à la conjugaison des verbes du troisième groupe au subjonctif présent ! A l’exception des verbes être et avoir, la terminaison de P1 est -e, de P2 est -es­, de P3 est -e.

Autrement dit, les formules suivantes sont mal orthographiées : Il faut que tu *vois, Il veut que je *crois, Je veux qu’il *meurt. On doit écrire : Il faut que tu voies, Il veut que je croie, Je veux qu’il meure.

Mettre ou ne pas mettre une majuscule : telle ne sera plus la question :

🔵 Les termes relatifs aux nationalités, aux origines ou à la langue : selon l’emploi, ils sont noms ou adjectifs, ils prennent ainsi une majuscule ou non.

  • Quand l’énoncé se réfère à un groupe pris dans sa totalité, il s’agit d’un nom propre : on met une majuscule.

Les Français mangent des croissants à toute heure de la journée : Français est un nom propre.

Beaucoup de Parisiens ne sont jamais montés sur la Tour Eiffel : idem.

Même les petits Nord-Coréens sont soumis à une propagande violente : Nord-Coréens est un nom propre, petits est son adjectif qualificatif.

D’Eden Hazard et Kylian M’Bappé, c’est le Français qui a soulevé le trophée : Français est un adjectif substantivé, donc un nom.

  • Quand il s’agit d’un adjectif qualificatif : on ne met pas de majuscule.

Les pizzas sont une spécialité italienne : italienne qualifie spécialité.

D’après un sondage de l’ONU, le peuple norvégien est le plus heureux du monde : norvégien qualifie peuple.

  • Quand il s’agit d’une langue : on ne met pas de majuscule.

Au XIXe siècle, la plupart des aristocrates russes maîtrisaient le français.

Mallarmé était professeur d’anglais.

Le provençal a une grammaire propre.

Rappel : B(b)ritannique est relatif à la Grande-Bretagne, soit le Royaume-Uni (Angleterre + Pays de Galle + Ecosse + Irlande du Nord) ; A(a)nglais est relatif à l’Angleterre uniquement.

James Macpherson, poète anglophone du XVIIIe siècle, était écossais donc britannique, mais pas anglais.

🔵 On ne met pas de majuscule aux noms de mouvements littéraires, de concepts : le baroque, le romantisme, le naturalisme, la poésie engagée ; la synesthésie, l’effet de sourdine, la stylistique etc.

Quelques exceptions : le Parnasse (il s’agit du nom d’une montagne), l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle), l’Art pour l’art (Gautier), la Pléiade (groupe de sept poètes sous François Ier dont du Bellay ; vient du nom d’une constellation), la Brigade (ancien nom de la Pléiade) le Nouveau Roman.  

🔵 On met une (des) majuscule(s) aux noms des périodes historiques et aux événements majeurs : l’Antiquité, le Moyen-Âge, la Renaissance, les Temps Modernes, le Second Empire etc. ; la Terreur, la Révolution (Française), la Grande Guerre, l’Occupation, la Résistance, la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre Froide, etc.

🔵 On ne met de majuscule ni aux jours ni aux mois (souvenez-vous que c’est le contraire en anglais).

Fluidifier :

🔵 Il faut contracter la forme *si il : cela donne s’il.

Je ne sais pas *si il va venir doit se contracter de la sorte : Je ne sais pas s’il va venir.

🔵 L’inversion sujet verbe de P3 : il n’y a que des tirets, pas d’apostrophe : Il a lu tout Maurice Leblanc. / A-t-il lu tout Maurice Leblanc ? ; Aussi Maupassant voyagea-t-il en Normandie pour se faire soigner de sa folie.

Rappel : le t ne sert qu’à enjoliver la prononciation, comme le l’ dans les exemples qui suivent. Cependant, si le l’ est dispensable, le t ne l’est pas.

Mon frère veut que ( l’)on aille le voir demain ; Le fantastique joue sur le fait que ( l’)on ne sache pas ce qui est réel et ce qui ne l’est pas.

Quelques fautes lexicales fréquentes :

🔵 dilemme (avec deux m), rhétorique (le h est après le r), événement (l’accent du second e est aigu), dhibitoire (avec un h après le d), susceptible (on met sc), étymologie (pas de h après le t), obnubiler (avec un b et non un m après le o), rationnel a deux n mais rationalité n’en a qu’un, davantage (pas d’apostrophe quand son sens est encore), lorsque (pas d’apostrophe entre l et o).

🔵 omettre, admettre, remettre, démettre, soumettre et permettre prennent un seul m, commettre en prend deux.

🔵 Certains participes présents et adjectifs issus du même verbe se prononcent de la même façon mais s’écrivent différemment. C’est par exemple le cas de précéder, convaincre, fatiguer, négliger. Il n’y a pas de règle fixe, mais les participes présents se finissent toujours par -ant.

précéder : en précédant / précédent.e.s

convaincre : en convainquant / convaincant.e.s

fatiguer : en fatiguant / fatigant.e.s

négliger : en négligeant / négligent.e.s

🔵 Attention à l’ordre des voyelles dans les mots tels que recueil, accueil, écueil cercueil… Pour conserver le son « k », on échange le e-u-i d’écureuil avec u-e-i.

🔵 Quelques noms propres : Baudelaire (retenir : BAUdelaire n’est pas beau), Théophile Gautier (sans l avant le t), Nietzsche (attention à l’ordre des consonnes), Apollon et Apollinaire (un p et deux l), Chateaubriand (pas *Châteaubrillant ou *Château-Brillant !), Sartre (n’oubliez pas le second r).

Faites aussi attention à l’orthographe noms d’époque chez Molière et à ceux antiques chez Corneille et Racine (vous êtes parfois très inventifs pour Hippolyte).

🔵 Ce serait bien simple que les mots transparents en anglais aient toujours la même orthographe qu’en français (notez au passage qu’ « orthographe » est un nom féminin)… Voici quelques-uns d’entre eux auxquels il faut faire attention :

langage ne prend pas de u

vertu ne prend pas de e

héros prend un s

exemple s’écrit avec un e

réflexion et connexion s’écrivent avec un x

tabou s’écrit avec un u

défaut et assaut ne prennent pas de l avant le t

Quelques homophones (mots prononcés de la même façon mais écrits différemment) :

🔵 Quand c’est le printemps, les fleurs s’ouvrent (quand est relatif au temps).

Quant aux fleurs, elle s’ouvrent au printemps (quant est toujours suivi de à ou aux).

🔵 Les chats peuvent voir dans la nuit (voir est un verbe ; test : on peut le remplacer par entendre).

Elle a travaillé deux voire trois heures (voire est un adverbe ; test : on peut le remplacer par presque).

🔵 En français, les temps progressifs se forment de la sorte : sujet + être conjugué + en train de + infinitif : en et train sont TOUJOURS séparés. Test : entrain est remplaçable énergie, dynamisme.

Jean et Béranger étaient en train de discuter quand un rhinocéros est passé (c’est ce qui arrive dans Rhinocéros de Ionesco).

Le registre épique est, entre autres, identifiable par l’entrain des héros.

🔵 Différence entre censé et sensé : censé = supposé ; sensé = qui a du bon sens, avisé.

Hugo était censé remettre le manuscrit de Notre-Dame de Paris plus tôt qu’il ne l’a fait. = il s’agit d’un devoir, d’une disposition.

En tant philosophe, Kant tendait toujours à un propos très sensé. = le propos de Kant est intelligible, réfléchi.

Au premier abord, « Barbare » de Rimbaud (in Illuminations) a l’air insensé ! = ce poème a l’air de ne pas avoir de sens, c’est n’importe quoi.