L’écriture inclusive : aberration ou révolution ? (à partir du B1)

Retrouvez ici les bases de l’écriture inclusive française.

Jean-Michel Blanquer interdit l’écriture inclusive, « obstacle à la lecture et à la compréhension », à l’école – FranceInfo, 7.5.2021

« La recherche d’égalité ne doit pas pénaliser les élèves par le recours[1] à l’écriture inclusive, dont la complexité et l’instabilité constituent autant d’obstacles à l’acquisition de la langue comme de la lecture », estime le ministre de l’Éducation Nationale[2].

L’écriture inclusive est proscrite à l’école, confirme le ministre de l’Éducation Nationale Jean-Michel Blanquer (…).

Si l’égalité entre les filles et les garçons doit être « construite, promue[3] et garantie[4] par l’École de la République », elle doit se faire notamment[5] par « la formation de l’ensemble des personnels et la transmission d’une culture de l’égalité », rappelle le ministère. Elle passe également par la promotion et l’usage de la féminisation de certains termes[6]. Mais cette recherche d’égalité ne doit pas pénaliser les élèves par le recours à l’écriture inclusive (…).

L’écriture inclusive complique les accords

Le ministère cite Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie Française[7] et Marc Lambron, directeur en exercice[8] de l’Académie française. Le 5 mai 2021, ils estimaient que l’écriture inclusive « est non seulement contre-productive[9] » à l’heure de la lutte contre les discriminations sexistes, « mais nuisible[10] à la pratique et à l’intelligibilité de la langue française ».

(…) « Il faut proscrire le recours à l’écriture inclusive », car certaines règles relevant de[11] cette écriture « modifient le respect des règles d’accords usuels » enseignées à l’école. La fragmentation des mots et des accords constitue également « un obstacle à la lecture et à la compréhension de l’écrit ».

En revanche, oui à la féminisation des termes

Le ministère préconise par ailleurs l’usage de la féminisation des métiers et des fonctions. Il suggère de même que le choix des exemples ou des énoncés en classe « doit respecter l’égalité entre les filles et les garçons, tant par la féminisation des termes que par la lutte contre les représentations stéréotypées ».

L’écriture inclusive utilise notamment le point médian pour faire apparaître simultanément les formes féminines et masculines d’un mot employé au masculin lorsque[12] celui-ci est utilisé dans un sens générique.

            Questions de compréhension :

1 – Qui a interdit l’usage de l’écriture inclusive à l’école ?

            A – Hélène Carrère d’Encausse

            B – Jean-Michel Blanquer

            C – Marc Lambron

2 – Déduisez le sens du mot « proscrit » :

            A – Inutile, vain, inefficace

            B – Déconseillé, dissuasif, nuisible

            C – Interdit, banni, refusé

2 – Hélène Carrère d’Encausse et Marc Lambron soutiennent que l’écriture inclusive… (plusieurs réponses)

            A – N’aide pas à promouvoir l’égalité des sexes

            B – Permet de lutter contre les stéréotypes

            C – Enrichit la langue française

            D – Perturbe l’apprentissage de la langue française

            E – N’est pas en harmonie avec ce que l’on apprend à l’école

4 – Qu’est-ce que Jean-Michel Blanquer propose pour promouvoir l’égalité des sexes à l’école ? (plusieurs réponses)

            A – La féminisation des noms de métier

            B – La formation du personnel sur cette problématique

            C – Le choix d’exercices, d’exemples qui ne construisent pas de stéréotypes

5 – L’écriture inclusive a un signe commun avec…

            A – L’allemand

            B – L’italien

            C – Le valencien / le catalan

            Débat :

            Vous l’avez compris, l’écriture inclusive ne fait pas l’unanimité, si bien qu’elle est désormais[13] proscrite à l’école. Cependant, certain.e.s professeur.e.s se sont engagé.e.s à l’enseigner au nom de l’égalité des sexes dans la langue (un projet de loi propose d’ailleurs de les punir de 5000€ d’amende[14]).

            Pensez-vous que tolérer des modifications, du nouveau vocabulaire dans une langue soit un bon moyen de rendre compte des changements dans une société ? Réfléchissez sur l’écriture inclusive, mais aussi par exemple sur les emprunts[15] à l’anglais, les nouveaux mots liés à la pandémie, le langage des jeunes, les parlers[16] populaires…  


[1] L’utilisation

[2] Ministère en charge de l’école, de la maternelle au baccalauréat

[3] Mise en avant

[4] Assurée

[5] Surtout

[6] Mot

[7] Institution française chargée de standardiser et réguler la langue française et son utilisation

[8] Actuel

[9] Qui produit l’effet inverse de ce qui est attendu

[10] Provoquant du mal

[11] Relever de = être lié à

[12] Quand

[13] Maintenant, à présent (formel)

[14] Punition financière

[15] Ici : le fait d’utiliser un mot appartenant à une autre langue

[16] Un parler (nom) = une façon particulière de s’exprimer