Le classicisme (environ 1650-1715, mort de Louis XIV)

Molière jouant César dans sa pièce La Mort de Pompée, Nicolas Mignard, 1658

Le classicisme connaît ses plus belles heures à la cour de roi Louis XIV, c’est-à-dire entre les années 1660 et 1715. Il touche à plusieurs genres littéraires, en particulier au théâtre et à la poésie. Ce mouvement littéraire repose avant tout sur la recherche d’un idéal esthétique souvent guidé par les contraintes.

Au théâtre, on distingue deux registres : le tragique et le comique. Le premier est associé à Racine et Corneille, le second à Molière. Tragédies et comédies sont construites sur la règle dite des « trois unités », qui assure l’harmonie et l’équilibre de la pièce. Ces trois unités sont : unité de temps (l’histoire de la pièce se déroule en une journée), unité de lieu (l’histoire se déroule en un seul lieu), unité d’action (il n’y a qu’une seule intrigue). On ajoute à cela deux autres règles : la bienséance (ne pas choquer le spectateur) et la vraisemblance (l’histoire doit être réaliste – ce n’est pas toujours le cas dans les tragédies de Corneille et Racine). Si Molière écrit des histoires du quotidien noble ou bourgeois, Corneille et Racine trouvent l’inspiration dans des mythes et histoires antiques (Rome, Grèce, Bible).

La Fontaine écrit des fables (récit mettant en scène des animaux aux traits humains) pour dénoncer les défauts de la cour et des défauts humains tout en échappant à la censure. Il s’applique à une écriture très épurée, précise et élégante, répondant avec brio aux contraintes imposées par le classicisme. Dans la même veine, Jean de La Bruyère écrit des éthopées (portraits psychologiques d’individus) portant un défaut jusqu’à la caricature extrême, moyen de mettre en lumière des comportements détestables et incohérents.

Illustration de Gustave Doré : Le Corbeau et le Renard, 1852

Dans les différents genres mentionnés, on fait appel à la raison du récepteur (spectateur ou lecteur). Molière, La Fontaine et La Bruyère s’en prennent à des défauts grossis, façon d’inviter le récepteur à méditer sur sa propre personne. Dans ses tragédies, Corneille expose un « dilemme cornélien » (choix difficile entre amour et honneur) qui pousse le public à s’interroger. Quant aux tragédies de Racine, elles font réfléchir sur la question du destin tout en présentant une action terrible et émouvante.

Auteurs caractéristiques : Molière, Racine, Corneille (tragédies, poésie), Jean de La Fontaine, Boileau, Madame de Sévigné, La Bruyère.

Œuvres majeures : Phèdre, Andromaque, Bérénice (Racine), Horace, Cinna, Polyeucte (Corneille), L’Avare, Le Tartuffe, Le Malade imaginaire (Molière), Les Caractères (La Bruyère), les fables de La Fontaine, l’art poétique de Boileau, les lettres de Madame de Sévigné.

Genres concernés : théâtre, poésie, apologue (bref récit avec une morale), lettres (Madame de Sévigné).